
Quand la technologie s’invite dans le milieu artistique !
Par la suite, plusieurs idées ont émergé sur le genre sans jamais aboutir à une théorie solide. Pour Lukács, l’essai se met en forme en tenant compte de deux types de réalité, qu’il nomme respectivement « la vie en soi » et « la vie concrète »3. À ses yeux, il existe une certaine tension entre ces deux réalités, qui représentent ce qu’on vit matériellement (la vie concrète) et ce qu’on conceptualise (la vie en soi). De cela, il avance que l’essai porte toujours sur quelque chose qui existe déjà (ou qui a déjà existé). Aux yeux de Lukács, le rôle de l’essayiste n’est donc pas « faire surgir de la vacuité du néant des choses nouvelles, mais de conférer une organisation nouvelle aux choses qui ont déjà, à un moment quelconque, possédé la vie »4. Autrement dit, comme le formule d’Anne Caumartin dans son article « La pensée qui fourche : Dislocation de la pensée dans l’essai québécois contemporain », l’essai « offre la possibilité de comprendre ce qu’il y a autour de soi mais qu’on ne connaît pas, la possibilité aussi d’orienter le monde en permettant à l’écrivain de s’y trouver au plus près en le définissant et en l’expliquant, aussi bien que dans la distance de la méditation, en proposant des alternatives »5. L’essai, donc, consiste en une réflexion conceptuelle sur la vie concrète. Pour l’écrivain québécois André Belleau, l’activité de l’essayiste est enclenchée par « des événements culturels » ou « des idées émergeant dans le champ de la culture »6.

